Tournai convertit ses gazons en prairies fleuries

 

Le label français pour les pelouses sportives écologiques

En France, un label Pelouse Sportive Ecologique a été développé pour encourager les gestionnaires d’espaces sportifs à mettre en place des pratiques de gestion durable. L’obtention de ce label exige le développement d’un modèle d’entretien raisonné et écologique. Cette démarche volontaire est validée et contrôlée par un organisme indépendant. Plus d’infos

 

Pour en savoir plus… 

 

Guide écologique du gazon et des pelouses fleuries. E & J Jullien. Sang de la Terre, 2011

Bien que peu rigoureux sur le plan technique, cet ouvrage devrait guider tout gestionnaire dans sa démarche vers des gazons plus écologiques.

CTH : http://www.cthgx.be/rechornemgazons.php

Société française des gazons http://www.gazonsfg.org/

Les gazons

Les grandes étendues de gazon ont longtemps dominé les parcs et autres espaces verts, avec l’idée que plus il est dense, vert et court, mieux c’est. Aujourd’hui, les gestionnaires commencent à réaliser que l’entretien lourd et coûteux que cela nécessite ne se justifie pas toujours.

En gestion différenciée, l’entretien d’un gazon se justifie dans les zones fréquentées, à usage récréatif ou sportif et dans les zones de prestige. Ailleurs, il est recommandé d’opter pour des modes de gestion moins intensifs.

 

Inconvénients environnementaux des gazons

Des questions essentielles à se poser !

Conseils pour une gestion plus écologique

  1. Choisir le bon semis
  2. Adapter la hauteur de tonte
  3. Adapter la fréquence de tonte
  4. Arroser intelligemment
  5. Réduire ou supprimer l’utilisation de produits chimiques
  6. Tolérer les mauvaises herbes
  7. Recycler les déchets de tonte

Classer les zones de gazon

 

Inconvénients environnementaux d’un gazon

  • faible valeur biologique (diversité végétale très faible, voire nulle, faible intérêt pour la faune)
  • pollution du sol et de l’eau (et de l’air) si des engrais sont utilisés
  • pollution du sol et de l’eau (et de l’air) si des pesticides sont utilisés
  • impact des pesticides sur la faune
  • impact des pesticides sur la santé humaine
  • émission de gaz à effet de serre par les tondeuses
  • nuisance sonore des tondeuses
  • déchets verts relativement difficiles à valoriser

 

Des questions essentielles à se poser !

Pour chaque zone engazonnée, il convient de se poser les questions suivantes : quel est son usage, est-elle fréquentée par le public ? Cela vaut-il vraiment la peine d’entretenir un gazon ici ?

=> Si la réponse est non, il est recommandé en GD de changer le mode d’entretien et/ou l’aménagement. Par exemple, les prés de fauche, les prairies fleuries, des plantes couvre-sol ou encore une prairie pâturée sont des aménagements alternatifs au gazon qui permettent de réduire l’entretien et de favoriser la biodiversité.

=> Si la réponse est oui, il est recommandé de maintenir la zone de gazon. Dans ce cas, différentes astuces permettent de limiter l’impact de son entretien sur l’environnement et de favoriser la biodiversité.

 

Conseils pour une gestion pus écologique

  1. Choisir le bon mélange pour le semis au départ

Dans le commerce, on trouve en général 3 types de gazon différents, qui se distinguent par le mélange de graines qui les compose. Ces mélanges de graines sont composés de plusieurs espèces de graminées qui ont chacune des caractéristiques différentes. Il est important de choisir le mélange le plus adapté à l’utilisation que vous ferez de ce gazon, c.-à.-d. en fonction du piétinement auquel il sera soumis. Choisir le bon mélange vous évitera de devoir tondre, arroser, engraisser et traiter inutilement votre gazon.

 

 

Résistance au piétinement

Nécessité d’entretien, de soins

Ornement

Faible

Moyenne

Agrément

Bonne

Moyenne

Sport

Elevée

Elevée

NB : Il existe aussi des mélanges adaptés aux zones ombragées.

 

Pour encore mieux choisir le mélange, examinez la composition précise en espèces du mélange, et tenez compte des caractéristiques de chacune d’elles (adaptation au sol, climat, résistance au piétinement, aux maladies, exigence en soins, densité, vitesse de croissance…). Voici les principales espèces représentées dans ces mélanges :

-       le ray-gras anglais (Lolium perenne), l’espèce la plus courante dans les mélanges, a l’avantage de s’implanter facilement et de résister au piétinement. Par contre il est gourmand en engrais azoté.

-       la fétuque rouge (Festuca rubra) forme un gazon très dense et résistant à la sécheresse, supporte les tontes courtes mais pas le piétinement (n’est donc pas utilisée pour les pelouses sportives) et son implantation est plus difficile que celle du ray-gras. Il existe plusieurs variétés qui diffèrent par la résistance aux maladies, etc.

-       la fétuque élevée (Festuca arundinacea) résiste très bien au piétinement et aux stress climatiques mais son couvert est peu dense et elle ne supporte pas les tontes très courtes (elle n’est donc pas utilisée pour les gazons d’ornement).

Demandez conseil au fournisseur ou au Centre Technique Horticole de Gembloux chtgazon@skynet.be ou consultez http://www.pelouses-net.com/pages/espece1.htm

 

2.    Adapter et la hauteur de tonte 

Plus le gazon est tondu court, plus il est fragile et nécessite des soins. La hauteur idéale pour un usage fréquent est entre 5 et 10 cm. Pour un usage moins fréquent, la hauteur de tonte peut encore être augmentée pour améliorer la résistance de la végétation et favoriser la biodiversité. Une zone engazonnée suffisamment grande peut être subdivisée en plusieurs zones où l’on applique une hauteur de tonte différente. On peut ainsi délimiter une zone de gazon court pour faciliter le passage et l’agrément, et une zone de gazon plus haut.

 

3.    Adapter la fréquence de tonte

Comme la hauteur, la fréquence de tonte peut être adaptée à l’utilisation d’une zone de gazon. Notons aussi qu’en général, en été, l’herbe pousse moins vite qu’au printemps et en automne. Il n’est donc pas nécessaire de tondre aussi souvent. Non seulement cela permet d’économiser du temps et du carburant, mais en plus cela limite le dérangement causé à la faune. Pour les grandes surfaces, une tonte en spirale en partant du centre permet aux animaux de se réfugier dans les zones périphériques.

 

4.    Arroser intelligemment

Dans un souci d’entretien écologique, il faut évidemment éviter d’arroser. Sous notre climat, l’arrosage d’un gazon est en général inutile, sauf pour les gazons sportifs. Le choix du mélange semé doit aussi permettre de limiter les besoins en arrosage. Il faut donc tenir compte des conditions climatiques locales et des caractéristiques du sol. Le mélange doit contenir au moins 50% de graines d’espèces adaptées, peu exigeantes en eau, comme la fétuque élevée, la fétuque rouge demi-traçante ou la fétuque ovine durette.

Dans les cas où un arrosage est nécessaire, il est préférable d’arroser abondamment mais moins souvent pour favoriser le développement en profondeur des racines et ainsi aider les plantes à résister aux périodes sèches.

 

5.    Réduire ou supprimer l’utilisation de produits chimiques

Pour limiter l’utilisation de produits chimiques, il est d’abord important de choisir un semis adapté à la situation (voir plus haut). Ensuite, plutôt qu’appliquer un engrais chimique, laisser les déchets de tonte sur place pour apporter de la matière organique. C’est la technique du mulching. Si cela ne suffit pas, du compost organique peut être appliqué.

Pour réduire les risques de maladies et donc de devoir recourir à des traitements chimiques, veillez à bien aiguiser la lame de la tondeuse, sans quoi les brins d’herbe sont mal coupés et sont plus soumises aux attaques de parasites.

Enfin, plutôt que de lutter contre les « mauvaises herbes » à l’aide d’herbicides chimiques, pourquoi ne pas les tolérer ?

 

6.    Tolérer les « mauvaises herbes », voire les favoriser !

A part dans les gazons sportifs et dans les greens de golf, il est hautement recommandé en gestion différenciée de ne pas traiter contre les mauvaises herbes des gazons. Non seulement cela coûte du temps et de l’argent, mais en plus cela pollue et diminue la biodiversité ! Si les riverains ne comprennent pas cette démarche, signalez-la par un panneau ou une affiche.

 

7.    Recycler les déchets de tonte

-       Composter les déchets de tonte est une façon de les recycler.  Notons que le gazon tel quel ne se composte pas bien, il faut donc le laisser sécher avant de le ramasser ou au moins, le mélangez avec des matières plus sèches riches en carbone comme du broya de branchages ou les feuilles sèches ramassées en automne. (lien vers la rubrique compost)

-       Les déchets de tonte peuvent également être recyclés en paillage (lien vers la rubrique paillage), c.-à-d. servir de couvre-sol au pied des plantations.

-       Le mulching, à l’aide de machines spéciales qui coupent l’herbe en très petits fragments, permet de laisser les déchets de tonte sur place. En plus d’un gain de temps, cela permet de ne pas appauvrir le sol. L’inconvénient est que cela nécessite des passages fréquents (environ chaque semaine), car cette technique ne s’applique pas à l’herbe haute.

 

Classer les zones de gazon

Comme tous les espaces verts, les zones de gazon peuvent être inventoriées et classées. En fonction de leur fréquentation et de leur usage, ont peut définir le type et la fréquence d’entretien. Ceci devrait permettre au gestionnaire d’avoir une vision plus globale de l’espace dont il est responsable, d’établir des priorités dans les différentes tâches et de mieux organiser le travail de l’équipe d’entretien. Le temps consacré à cette classification se verra rapidement rentabilisé par la meilleure efficacité de fonctionnement de l’équipe d’entretien.

rejoigneznous