Un round de perdu pour le glyphosate!

 

Depuis le 1er juin, l’utilisation du glyphosate est interdite en Wallonie pour les particuliers. Face au manque de consensus de la communauté scientifique quant à son aspect cancérigène, le gouvernement wallon a voulu se montrer prudent en interdisant l’usage de ce produit. Des dérogations sont néanmoins prévues pour les professionnels titulaires d’une phytolicence.

 

Quels produits?

Cette interdiction vise tous les produits phytosanitaires contenant du glyphosate. Herbicide total systémique, ce dernier constitue le principe actif de nombreux produits disponibles dans le commerce, et pas seulement le fameux Roundup:  le Weedol de KB, le Netosol de Compo, le Panic Free Garden d’Edialux, le Spray désherbant HG… La présence de glyphosate est mentionnée sur l’étiquette du produit.

Autre référence, le site fytoweb.be reprend la liste des 53 produits contenant du glyphosate autorisés à la vente en Belgique pour les usagers amateurs.

 
       

 

  

Interdit mais autorisé?

Aussi surprenant que cela puisse paraître, la vente du glyphosate reste autorisée (pour le moment1). En effet, l’interdiction de vente doit être prise par les autorités européennes et c’est le gouvernement fédéral qui délivre les autorisations de mise sur le marché. Les régions ont juste le pouvoir d’en réglementer l’usage sur leur territoire si elles estiment qu’il existe un danger pour l’environnement ou pour la santé.

 

Pourquoi ces mesures ?

Le glyphosate est sous le feu des projecteurs depuis que le CIRC2 l’a classé comme cancérogène probable au printemps 2014. Fin 2015, l’Autorité européenne de sécurité des aliments a rendu un avis opposé. Face à ces controverses, la Wallonie a appliqué le principe de précaution3 qui, dans le doute, implique de mettre en place des mesures préventives.

Une certitude subsiste: les produits phytopharmaceutiques contiennent des substances toxiques. Parmi celles-ci, le glyphosate est officiellement reconnu par l’Europe comme dangereux pour l’environnement, irritant et pouvant entraîner des lésions oculaires graves, comme l’attestent les symboles et mentions Xi, N, R 41 et R51/53 sur l’étiquette.

    

 

  

Que faire avec les produits interdits?

Attention, les produits à base de glyphosate sont des déchets dangereux qui ne peuvent en aucun cas être jetés à la poubelle! Ils nécessitent une prise en charge et un traitement spécifiques. Ils doivent donc être collectés dans les recyparcs communaux.

 

Quelles alternatives ?

Dans un contexte législatif et scientifique confus, il faudra du temps avant que ces produits ne disparaissent des rayons. Heureusement, les alternatives aux herbicides existent, et elles sont nombreuses! Selon le revêtement à désherber, certaines techniques s’offrent au jardinier amateur, d’autres au gestionnaire d’espace vert, et plusieurs peuvent convenir à tous!

Parmi elles, certaines préviennent l’apparition des adventices: le choix des matériaux pour l’aménagement des sentiers, des pratiques de tonte du gazon mieux réfléchies, le recours à des techniques de couverture du sol… En outre, d’autres méthodes permettent de désherber sans avoir recours aux produits chimiques : le désherbage manuel ou thermique, l’utilisation de produits plus naturels et/ou moins nocifs, le retour aux méthodes alternatives d’aujourd’hui et d’autrefois (à base de plantes ou de savons naturels par exemple)...

 

 

Et dans les communes?

L’usage d’herbicides est déjà strictement réglementé dans les espaces publics. Pour un aperçu des mesures prises par les différentes communes wallonnes, consultez notre carte sur les pratiques communales en matière de gestion des espaces publics.

 

 

Vous êtes une commune et désirez communiquer auprès de vos citoyens sur l’interdiction du glyphosate? N'hésitez pas à nous solliciter pour écrire un article pour votre site web ou bulletin communal.  

 


 

1Suite à la décision wallonne, le Ministre fédéral de l’Agriculture, Willy Borsus, proposera bientôt un arrêté visant à l’interdiction de mise sur le marché et donc d’usage des herbicides destinés aux particuliers.
2 Centre International de Recherche sur le Cancer, dépendant de l’OMS
3“En cas de risque de dommages graves ou irréversibles, l'absence de certitude scientifique absolue ne doit pas servir de prétexte pour remettre à plus tard l'adoption de mesures effectives visant à prévenir la dégradation de l'environnement.“

 

 

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