L’allélopathie, une propriété végétale utile en espaces verts ?

 

L’allélopathie est la production par certains végétaux de substances qui limitent la germination d’espèces concurrentes. Dans le secteur agricole, l’intérêt pour ces propriétés n’est pas neuf. Des essais ont été menés pour tester l’utilité de ces plantes dans différentes cultures, pour limiter la germination d’adventices1,2,3,4. Le secteur espaces verts commence lui aussi à s’intéresser au sujet4,5,6. L’utilisation de plantes couvre-sols allélopathiques dans les parterres pourrait être une solution prometteuse pour réduire le désherbage.

 

Certaines plantes sécrètent ces substances directement dans le sol à partir des racines (l’exemple le plus connu est celui du noyer). Ces plantes sont donc susceptibles d’être de bons couvre-sols, à travers lesquels les autres espèces se développeraient difficilement. Dans d’autres cas, ces substances ne sont pas sécrétées, mais sont libérées sur le sol lors de la décomposition de la plante, une fois morte. Ces espèces-là seraient donc intéressantes sous forme de paillage, à installer au pied des plantations.

              
 Erica multiflora
(Bruyère à nombreuses fleurs)

 

Parmi les plantes allélopathiques, on trouve des variétés intéressantes pour leurs qualités ornementales. En voici un bref échantillon : Achillea millefolium, Hedera helix, Vinca minor, Erica multiflora, Thymus vulgaris ‘Elsbek’, Rosmarinus officinalis, Lavandula intermedia, Santolina

 

Hedera helix
(Lierre grimpant)
                     
Vinca minor
(Petite pervenche)
 
         
Santolina
(Santoline)

 

Notons aussi que certaines plantes invasives ont des propriétés allélopathiques, comme le solidage du Canada, le solidage glabre et l’ailante. C’est peut-être d’ailleurs un des caractères grâce auxquels elles sont devenues invasives.

Solidago Canadensis (Verge d'or du Canada)

 

Les connaissances sur l’intérêt de l’allélopathie pour la gestion des espaces verts en sont encore à leurs balbutiements. D’après les essais, l’efficacité de l’allélopathie dépend des espèces en présence (une même espèce allélopathique n’aura pas forcément le même effet sur deux adventices différentes), mais aussi du sol et autres conditions. 

 

                                                                                                    

Rosmarinus officinalis
(Romarin)
 

 

Si vous avez des informations sur le sujet, suite à des essais ou des observations, n’hésitez pas à nous en faire part !                                                            

 

1. Utilisation des cultures allélopathiques et des couvre-sol pour maîtriser les mauvaises-herbes. Etude menée au Canada par B. Frick, E. Johnson - Ferme expérimentale de Scotthttp://www.organicagcentre.ca/Extension/ext_weed_allelopathic_f.asp
2. Recherche d’espèces végétales à propriétés allélopathiquesN. Delabays A. Ançay & G. Mermillod, Revue suisse Vitic. Arboric. Hortic. Vol 30 n°6: 383-387, 1998
3. Biopesticides d'origine végétale. C. Regnauls-Roger, B. Philogène, C. VincentParis : Editions Lavoisier, 2008, 2ème éd., 546 p.
4. Gestion des adventices par la couverture du sol en agriculture et espaces verts : panorama des techniques utilisées. S. Quennesson & S. Oste, FREDON Nord-Pas-de-Calaishttp://www.fredon-npdc.com/documents_pdf/adventices_et_couverture_du_sol_2017.pdf
5. Allélopathie : quand une plante en chasse une autreV. Vidril, Lien horticole, 2016, n° 973, p. 10-11
6. Interactions végétales : la guerre biologique est déclarée. L. Bray. L’Officiel jardin-motoculture, 2010, n° 172, p. 34-38

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