Pour aider les abeilles, soyons inventifs!

 

La cause des abeilles suscite beaucoup d’intérêt, non seulement de la part des communes et du secteur public, mais aussi de l’ensemble des secteurs. On commence à voir des ruches apparaître dans des espaces publics, dans les écoles, sur les toits de bâtiments publics et sur des terrains d’entreprises, mais cet engouement pourrait atteindre un seuil critique et s’avérer contre-productif.

 

L’écologie est une science !

Grâce à de nombreuses actions telles que le Plan Maya, l’importance des abeilles est désormais bien connue du grand public et il ne se passe pas un jour sans que l’on en parle dans les médias ou les réseaux sociaux. Aider les abeilles est devenu tendance, ce qui est une excellente nouvelle ! Même de grands hôtels, des entreprises pharmaceutiques ont installé des ruches. Sans nul doute, la grande majorité de ces actions partent d’une bonne intention, mais sont parfois prises à la légères, sans réflexion ni accompagnement. Installer des ruches, cela relève d’une science, l’écologie, et cela ne s’improvise pas. Sans connaissance solide ou sans réflexion globale on risque de rater son objectif, et cette nouvelle « tendance » pourrait avoir un effet pervers pour la biodiversité.

              

 

  

Installer une ruche c’est bien, mais…

Cela ne suffit pas à aider les abeilles ! Elles ont besoin de pollen, nectar et d’eau. Les abeilles domestiques cherchent l’efficacité, elles vont donc en priorité vers les arbres pleins de fleurs, les tapis de pissenlits, les parterres de lavande,… Autour des ruches, il faut donc des plantes variées, pour avoir de l’abondance tout au long de la saison. Mais les abeilles ont aussi besoin d’un environnement sain, non pollué par des gaz nocifs, des pesticides et autres produits chimiques. Par exemple, les champs de phacélie sont très appréciés par les abeilles, elles y trouvent une source de nourriture abondante… mais souvent toxique ! Des études ont en effet montré que le pollen qu’elles y récoltent est contaminé par des pesticides.

 

Les abeilles, oui mais pas seulement !

Installer une ruche dans un environnement sain, riche et diversifié en ressources, c’est a priori une bonne chose pour la biodiversité. Les abeilles sont en déclin et l’engouement pour les ruches permet de compenser les pertes et de sensibiliser le public à la problématique. Mais ce que beaucoup ignorent - ou oublient - c’est que les abeilles sont loin d’être les seuls pollinisateurs ! En fait, elles ne sont même pas forcément les pollinisateurs les plus efficaces. Les tomates par exemple, sont mieux pollinisées par les bourdons que par les abeilles. Les plantes ont des formes, des habitats et des périodes de floraison variées. Les insectes pollinisateurs aussi, et les deux doivent se rencontrer, sans quoi les écosystèmes s’écroulent !

Les abeilles domestiques sont un excellent symbole pour des actions en faveur de la biodiversité, mais ne peuvent pas en être l’unique cible. Sauver les abeilles ne suffira pas à préserver la biodiversité. Il faut une diversité de pollinisateurs. D’autant plus que les abeilles peuvent entrer en compétition avec d’autres insectes pollinisateurs ! 

    

 

  

Et les hôtels à insectes ?

Un autre engouement est celui pour les hôtels à insectes. Certes, ceux-ci ont plusieurs bénéfices indéniables : ils offrent une certaine visibilité aux insectes sauvages et permettent de communiquer sur leur importance,  ils attirent des insectes auxiliaires dans des milieux où ils nous seront utiles, et en plus ils sont décoratifs ! Les abeilles solitaires, coccinelles, perce-oreilles, et autres insectes utilisent souvent ces abris, ce qui nous permet de les observer facilement, mais en général, ils trouvent leur gîte dans la nature (tiges creuses, souches, tas de branches, de pierres,…). Les facteurs limitants pour la pérennité de ces espèces sont plutôt la présence de ressources en quantité, en qualité et en diversité suffisantes, ainsi que l’état sanitaire de l’environnement. 

 

Et donc, que faut-il faire ?

  • Poursuivre les actions favorables à la biodiversité, comme celles du Plan Maya, en les diversifiant.
  • Continuer à parler des abeilles, en les présentant comme le symbole de la biodiversité.
  • Installer d’autres ruches et hôtels à insectes, en s’assurant d’abord que l’endroit est favorable aux insectes : dans un milieu non pollué et riche en plantes sauvages.
  • Encourager, aider les entreprises à faire pareil.
  • Réduire les pesticides dans les espaces publics, encourager le jardinage, la consommation et l’agriculture biologiques.
  • Mais aussi végétaliser, fleurir les espaces, freiner l’artificialisation des sols, l’étalement urbain, préserver les espaces naturels...

 

Maintenant que la problématique des abeilles commence à être connue, allons plus loin et intéressons-nous à tous les pollinisateurs, et même à l’ensemble de la biodiversité, car ce n’est pas seulement les abeilles qu’il faut sauver, mais bien toute la diversité des espèces !

 

rejoigneznous