Contrats de captage : un nouvel outil pour préserver nos ressources en eau de la pollution par le nitrate et les pesticides

Newsletter juin 2016
 

par Armelle Copus, coordinatrice de PhytEauWal asbl

Contrats-captage

 

En Wallonie, une partie importante des masses d’eau souterraine et de surface est altérée par le nitrate et/ou les pesticides (principalement des désherbants). Leur présence dans les eaux souterraines n’est pas sans conséquence sur la production d’eau potable. Il existe en effet des normes de potabilité qui, lorsqu’elles sont dépassées, peuvent conduire à l’installation de traitements de potabilisation très couteux ou, même, à l’abandon de certains captages.

Afin de répondre à ces problèmes de pollution, la Société Publique de Gestion de l’Eau (SPGE) a décidé de financer un nouvel outil : « Les Contrats captages ». Les Contrats captages sont des partenariats rassemblant divers acteurs qui, ensemble définissent et mettent en œuvre des actions concrètent et ciblées pour  préserver ou améliorer la qualité de l’eau de captages sensibles vis-à-vis des pollutions par les pesticides et/ou le nitrate.

Pour répondre efficacement à un problème de pollution, les partenaires d’un Contrat captage se basent sur les conclusions d’une étude hydrogéologique et de terrain réalisée préalablement. Cette étude a pour objectifs d’une part, de délimiter la zone d’alimentation du captage et donc la zone à l’intérieur de laquelle il faut agir et d’autre part, d’identifier à l’intérieur de cette zone, les sources réelles ou potentielles de pollution.

  

Normes de potabilité des eaux souterraines :

Pour les pesticides, la norme à ne pas dépasser est de :

  • 0,1 µg par litre d’eau
    (1g/10.000 m³) pour chaque substance active détectée et quantifiée
  • 0,5 µg par litre d’eau pour la somme de ces substances.
Pour le nitrate, la norme à ne pas dépasser est de 50 mg/litre d’eau.
 
La zone d’alimentation d’un captage correspond à la zone géographique d’où proviennent les eaux qui alimentent le captage.           

Les premiers Contrats captages initiés en Wallonie concernent des captages sensibles aux pollutions par des pesticides d’origine non agricole. Les actions mises en œuvre pour préserver la qualité de l’eau de ces captages sont donc principalement des actions visant à informer les riverains des captages quant à l’impact négatif que l’utilisation de ces produits peut avoir sur la qualité d’eau  et à les sensibiliser notamment à l’utilisation de techniques de désherbage alternatives.

 

Gaillemarde – une initiative à suivre ?

A la Hulpe, dans le quartier de Gaillemarde, deux captages ont été identifiés comme sensibles aux contaminations par les pesticides. Suite à ce constat, un Contrat captage a été mis en œuvre. A ce jour, plusieurs actions d’information destinées aux riverains ont déjà été organisées dont une visite des captages. 

A partir de cette année, grâce notamment au dynamisme du comité de quartier « l’asbl Hameau de Gaillemarde » et à l’intérêt manifesté par les habitants pour l’utilisation d’une technique alternative aux pesticides, un désherbeur thermique sera mis gratuitement à disposition des riverains. Le matériel financé par la SPGE sera  entièrement géré par le comité de quartier.

   Contrat-captage-Gaillemarde 

Cette initiative qui, nous l’espérons, contribuera à l’adoption par les riverains de nouvelles habitudes en matière d’entretien de leur propriété, sera suivie de près et pourrait si l’expérience fonctionne être répétée dans le cadre d’autres Contrats captages.

 

Le rôle essentiel des partenaires

Un Contrat captage est un projet « local », dont la zone d’action se limite en général à la zone d’alimentation  d’un site de prise d’eau. La participation d’acteurs locaux est donc essentielle. Les Communes, les Contrats de rivières, les associations environnementales locales et comités de quartiers, de par leurs connaissances du territoire et de son histoire, des actions et initiatives déjà réalisées et de par leurs contacts, sont donc invités à participer aux choix des actions à mettre en œuvre et à participer à leur réalisation.

Suivant le public ciblé par ces actions, d’autres partenaires interviennent. Il peut s’agir par exemple d’organismes d’encadrement agricoles (ex : Nitrawal, PhytEauWal) ou encore d’associations comme ADALIA (www.adalia.be), le Comité régional PHYTO (www.crphyto.be) et le Pôle wallon de Gestion différenciée.

Le producteur d’eau est bien entendu toujours impliqué et intervient notamment dans le suivi de la qualité de l’eau des captages concernés en augmentant la fréquence des analyses d’eau et en organisant des visites de captages ou de château d’eau.

 

rejoigneznous