Quelques ravageurs à surveiller

Pourquoi parler de ravageurs alors que la nature est en repos hivernal ? Parce qu’en lutte biologique, l’observation et la prévention sont essentielles pour combattre efficacement une maladie ou un ravageur.

Il y a donc des mesures préventives qui peuvent être prises durant l’hiver, comme pour la cochenille pulvinaire, et d’autres à la sortie de l’hiver, bien avant l’apparition des premières attaques, comme dans le cas du tigre du platane.

Enfin, l’observation des différents stades biologiques de l’organisme nuisible permettra de mieux cibler les interventions, comme pour la pyrale du buis.

 

Cochenille pulvinaire

La cochenille pulvinaire (Pulvinaria regalis), surtout présente sur les tilleuls, les hêtres, les érables..., peut être combattue de différentes manières, dont la destruction des larves hivernantes. A l’automne, les larves de cochenilles migrent vers les rameaux d’un diamètre inférieur à 2 cm. Une taille de ces rameaux permet de réduire de manière drastique les populations au printemps et d’éviter dans certains cas d’autres interventions durant l’année.

La cochenille hiverne sous forme larvaire et possède une carapace encore souple de couleur brun clair. Ce ne sera qu’au printemps qu’elle passera au stade adulte. C’est donc à cette période qu’il faudra identifier la présence des adultes sur les branches et charpentières. Si le nombre de cochenilles est supérieur à 50 sur 20 cm de rameaux, il sera nécessaire d’intervenir en réalisant des lâchers de larves de coccinelle Exochomus quadripustulatus ou en délogeant, avec des jets d’eau puissants, les adultes présents sur le tronc et les charpentières. Pour en savoir plus, prenez contact avec nous ou avec le Centre d’Essais Horticoles de Wallonie.

    Cochenille

Tigre du platane 

TigrePlatane

Photo : Jean-Jacques Milan
   

Le tigre du platane, Corythucha ciliata, a fait son apparition en Belgique depuis peu. Cette punaise, aux formes remarquables, est responsable de la dépigmentation des feuilles, mais aussi de nuisances commoditaires, suite au miellat qu’elle produit et qui peut provoquer des désagréments sur les voitures et les terrasses.

Comme dans le cas de la cochenille, le tigre du platane a des phases de migration. La phase d’hivernation, sous forme adulte, se positionne sous les écorces partiellement détachées (= rhytidomes). La phase active, quant à elle, se déroule d’octobre à avril (variable selon les conditions climatiques), où 2 à 3 générations se développent et se chevauchent sur la face inférieure des feuilles. Les jeunes platanes sont moins sujets aux attaques de tigres du platane, du fait de la faible présence de rhytidomes.

Au niveau de la lutte biologique, un protocole de lutte a été mis en place en France et fait appel à l’utilisation combinée de nématodes, Steinernema sp. et de Chrysoperla lucasina. Le positionnement de ces traitements tient compte des stades de développement du Corythucha sp. Un protocole d’intervention sera prochainement mis en ligne sur notre site internet.

 

Pyrale du buis 

Enfin, cette année fut favorable au développement de la pyrale du buis (Cydalima perspectalis). Les chenilles défoliatrices de ce papillon peuvent venir à bout d’un buis, ne laissant que les rameaux (en cas de fortes infestations, les chenilles peuvent aussi entamer le bois).

Les premières chenilles émergent de leur cocon hivernant début mars (en fonction des conditions climatiques). Elles sont de couleur jaune à vert foncé avec des bandes noires striées longitudinalement. Les premiers vols de papillons, aux ailes blanc et gris caractéristiques, démarrent dans le courant du mois de juin. Durant l’été, 2 à 4 générations se succèdent.

Compte tenu de la sévérité des attaques, il est suggéré de remplacer progressivement le buis par d’autres espèces d’arbustes comme le houx crénelé (Ilex crenata) ou le chèvrefeuille arbustif (Lonicera nitida).

Pensez à tailler vos arbustes de façon à créer une bonne aération des ramures : cela limitera le développement de la pyrale. Enfin, réalisez des aménagements favorables à l’installation d’oiseaux insectivores à proximité des plantes.

Au niveau de la lutte curative, il existe peu de solutions. Pour les plants isolés, un ramassage des chenilles peut être envisagé. Des interventions par jets d’eau puissants pour déloger les chenilles qui seront ensuite ramassés à même le sol représentent une autre solution.

   

PyraleLarve

PyraleImago

Photos : Didier Descouens

En cas de fortes attaques, le recours à des PPP est possible jusqu’au 31 mai 2019 dans les espaces publics (31 mai 2018 sur les lieux accueillant un public vulnérable) en dehors des zones tampon. L’utilisation de formulations à base de Bacillus thuringiensis ou de Spinosad seront préférés aux insecticides de synthèse à large spectre. En cas d’utilisation d’un PPP, veuillez toujours vous assurer des autorisations d’utilisation et des conditions d’application sur le site www.phytoweb.be.

 

Afin de connaître le moment idéal pour des interventions préventives ou curatives, vous pouvez vous abonner au service d’avertissement du Centre d’Essais Horticoles de Wallonie.

 
rejoigneznous