Les prairies fleuries, nous, on dit "Huy" !

Newsletter décembre 2016
 

Entretien avec Freddy Lagneaux, éco-conseiller, et Benoît Gilles, jardinier

 

En 2011, lors de la visite organisée à Huy par le Pôle GD, les participants avaient déjà pu constater l’avance qu’avait la ville en matière de gestion écologique. Si l’équipe de jardiniers n’utilise plus de pesticide depuis 2004, c’est dix ans plus tard que les autres services ont suivi le mouvement et que la Ville de Huy a atteint le zéro pesticide. L’équipe de jardiniers a aussi acquis une fameuse expérience en matière de prairies fleuries. 

 

La Ville dit "Huy" aux prairies fleuries !

Au total, la Ville de Huy compte près d’1 ha de prairies fleuries semées, et pour être sûr d’avoir un bon résultat, Benoît Gilles, jardinier, n’hésite pas à employer les grands moyens. Il a en effet constaté qu’un étrépage du sol permet d’arriver à une couche de substrat moins riche et donc plus favorable aux plantes à fleurs. C’est un fameux travail, mais pour lui le prix des semences justifie cet effort. A ce propos, Freddy Lagneaux, éco-conseiller, signale les difficultés liées aux cahiers des charges pour l’achat de semences. Dans une démarche environnementale, on aimerait évidemment privilégier les entreprises locales et les plantes indigènes, mais les règles font que les marchés publics reviennent souvent à des entreprises non locales, qui cassent les prix en vendant des plantes d’origine incertaine.

En général Freddy Lagneaux préfère les mélanges sans graminées, ne comprenant que des fleurs. Il a constaté que les graminées apparaissent naturellement dans la végétation, et augmente au fil des ans, parfois jusqu’à faire disparaître les fleurs, ou presque. Selon lui, la longévité des prairies fleuries est donc meilleure avec des mélanges sans graminées.

  

Prairie-fleurie-Thiange 

A certains endroits, comme la zone enherbée autour de la piscine, située dans un endroit très fréquenté, Benoît Gilles préfère semer chaque année pour un résultat plus riche en fleurs, plus « claquant ».  Mais à d’autres endroits, c’est la végétation naturelle qui est mise à l’honneur. Le fauchage tardif est en effet appliqué sur bien plus d’1 ha de terrains communaux et là, bien sûr, aucun semis n’est alors réalisé, mais l’exportation du produit de fauche permet d’obtenir une belle diversité de fleurs. 

 

La Ville dit "non" aux herbicides !

Pour se passer de pesticides, la Ville a acquis il y a plusieurs années un désherbeur à air chaud, et chaque équipe d’entretien dispose d’un désherbeur à flamme directe. Les débroussailleuses sont aussi souvent utilisées. Par ailleurs, Freddy Lagneaux espère obtenir un budget pour s'équiper d'un désherbeur mécanique.

Cimetiere-Huy   

Le petit cimetière de La Neuville a été récemment végétalisé, ce qui lui a permis d’obtenir le label "Cimetière Nature". L’idée a émergé de discussions entre les gestionnaires et les usagers du cimetière, qui avaient commencé à semer des prairies fleuries sur certaines tombes. La ville a consacré un budget de 3000 € pour l’achat de dalles alvéolées, qui ont été installées dans les allées par les ouvriers communaux. Un mélange de graines de prairie fleurie a ensuite été semé sur les dalles. L’herbe est alors tondue tous les 2 mois environ (de préférence avant les enterrements et la Toussaint). La plupart des tombes s’ouvrent par le dessus, mais il faut parfois retirer les dalles pour pouvoir enterrer par l’avant, ce qui ne pose pas de problème particulier. Les espaces inter-tombes ont quant à eux été plantés de couvre-sols, tels que du sedum, avec de bons résultats.

Les usagers sont ravis, autant que les gestionnaires qui apprécient de travailler dans ce cadre de verdure à caractère bucolique, et les élus qui mettent en avant leurs efforts pour l’environnement. Bien sûr, cet aménagement n’est qu’un élément de la stratégie de gestion différenciée adoptée par la ville. Et c’est bien cette vision globale qui permet de travailler sans pesticide, tout en améliorant le cadre de vie.

Au cimetière de La Buissière, la Ville a végétalisé quatre tombes, pour montrer quelques possibilités d’aménagements de tombes sans pierre tombale. On peut ainsi voir une tombe couverte de rocaille et de sedum, une autre de prairie fleurie… Pour encore compléter la démarche, une exposition photographique a été réalisée par une artiste mettant en avant les cimetières végétalisés.

 

rejoigneznous