Découvrez notre vidéo sur la bonne gestion du patrimoine arboré, avec l'expérience de la ville de Gembloux.

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Chaussée de Namur 47

5030 Gembloux

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Téléchargez ici et les documents de la campagne contre la taille drastique des arbres d'ornement lancé par la Société Française d'Arboriculture (www.sfa-asso.fr)

Découvrez la charte de l'arbre de la Communauté Urbaine de Lyon.

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Patrimoine arboré

L’arbre urbain, un symbole vivant dans un milieu hostile

L’arbre a beaucoup d’importance pour les citadins, qui trouvent auprès de lui un contact direct avec la nature ainsi que fraîcheur et ombrage en période de chaleur. Cependant, le milieu urbain est relativement stressant pour l’arbre : sol stérile et tassé, air pollué, sec et plus chaud, eau polluée d’hydrocarbures, herbicides, piétinement, blessures, tailles mutilantes, racines confinées…

C’est pourquoi les arbres urbains réclament une attention particulière et des soins adaptés.

En premier lieu, certains principes d’aménagement doivent être respectés lors de l’implantation du sujet. On veillera à « mettre le bon arbre au bon endroit », en anticipant son développement futur et l’espace dont il devra donc disposer. Il sera planté à bonne distance des différents réseaux, qu’ils soient aériens ou souterrains, ainsi que des constructions et des voiries. Il est essentiel de prévoir une fosse de plantation suffisamment vaste pour permettre aux racines de s’épanouir.

On veillera également à protéger le pied de l’arbre fraîchement transplanté, en installant des végétaux ou en apposant une grille de protection.

On appliquera également une taille de formation durant les premières années de l’arbre afin d’adapter sa forme aux contraintes du site.

 

Les arbres d’alignement font l’objet de prescriptions techniques et réglementaires à respecter. Par leur fonction d’aménagement et de structuration de l’espace, les arbres d’alignement sont d’une grande importance dans le plan d’aménagement. C’est pourquoi il est essentiel d’anticiper leur développement, aérien et racinaire, afin de préserver à long terme la cohérence de l’aménagement paysager du projet.

 

Principes d’une taille douce

Dans la nature, un arbre n’a pas besoin d’être taillé. Il l’est en ville pour des raisons de sécurité ou pour correspondre à l’espace disponible.

Toute taille radicale et drastique doit être évitée. De mauvaises pratiques d’entretien fragilisent l’arbre, or un arbre fragilisé signifie un arbre dangereux.

Un minimum de connaissances de base sur la biologie et l’architecture de l’arbre sont à acquérir afin de mieux comprendre son fonctionnement, et donc d’adapter l’entretien.

L’arbre est en effet un être vivant : ce n’est ni un meuble, ni un assemblage inerte de bois ! Beaucoup d’exemples autour de nous montrent ce qu’une taille non réfléchie implique sur l’état de l’arbre : arbres taillés en « poteau » ou en « crayon » qui pourrissent sur pied et doivent finalement être abattus.

L’arbre possède une écorce qui le protége des agressions extérieures : champignons, bactéries, humidité… Ainsi, blesser l’écorce revient à créer une plaie dans laquelle peuvent s’immiscer des éléments pathogènes. L’arbre va essayer de colmater lui-même sa blessure, mais la course avec les agents pathogènes est féroce…

Le cambium permet la cicatrisation car, après une blessure, il fabrique du tissu cicatriciel qui recouvre progressivement la plaie. Il faut donc veiller à ne pas le déchirer ou l’écraser lors des interventions.

 

Source : www.site.voila.fr

 

Cicatrisation

« Couper toute la branche et rien que la branche »

La cicatrisation est un aspect central dans la taille des arbres. Une mauvaise taille entraîne une cicatrisation difficile et longue, qui favorise la pénétration à travers la plaie de champignons et de bactéries.

L’angle et l’endroit de la coupe sont essentiels. Pour cela, il faut savoir reconnaître certains éléments de repère :

-       Au niveau du point d’insertion supérieur, on trouve la ride de branche de l’écorce, sorte de repli ou de bourrelet

-       Au niveau inférieur, on trouve le col de la branche qui constitue un renflement plus ou moins important.

Ces éléments de repère appartiennent au tronc ou à la branche principale sur laquelle est insérée la branche à couper. Il ne faut donc pas couper dedans, sinon on crée une plaie qui aura du mal à cicatriser. En revanche, si on coupe un peu trop loin de ces repères, on crée un chicot qui ne sera pas recouvert du tissu cicatriciel et qui deviendra alors une porte d’entrée aux agents pathogènes.

Ces deux éléments doivent vous guider quant à l’angle et l’endroit de coupe. Il s’agit de bien observer la branche avant de la couper.

Veillez également à avoir de bons outils, correctement nettoyés, graissés et affûtés, afin d’avoir des coupures nettes et sans déchirures.

 

Cohérence du réseau

« Une branche doit être ou totalement enlevée ou totalement conservée »

L’ensemble des ramifications d’un arbre forme un réseau cohérent. La taille doit donc prendre en considération le fonctionnement de ce réseau : après la taille, on doit observer que chaque ramification possède à son extrémité un bourgeon terminal. On ne coupe pas en plein milieu d’une branche.

 

Structure de l’arbre

La taille doit conserver la structure fondamentale de l’arbre, garder la charpente et le port naturels, la silhouette et l’allure générales. Évitez les étêtages intempestifs. Ne touchez pas aux branches charpentières.

La taille a pour but d’aérer, d’alléger, de désépaissir, et d’éclaircir la couronne de l’arbre, afin de rendre l’arbre moins sensible au vent en facilitant le passage de celui-ci au travers des branches. Il s’agit d’un impératif de sécurité car cela garantit la stabilité de l’arbre.

Evitons d'arriver à cela!

Source : Arboresco

 

Quand tailler ?

En fait la question est plutôt : quand ne pas tailler ? On proscrira toute taille en période de gel, au moment de la montée de sève et quand les jeunes feuilles se forment, en période de sécheresse, au début de l’automne quand l’arbre s’apprête à perdre ses feuilles (l’arbre est en train de constituer ses réserves).

 

Les jeunes sujets

Les jeunes sont fragiles car ils subissent le stress de leur transplantation. Une attention et des soins particuliers devront leur être prodigués : arrosage, tuteurage, protection du pied et du tronc.

Pendant 5 ans, on pratique une taille de formation qui vise à maintenir une flèche principale en fonction du port naturel de l’arbre et à supprimer les branches primaires devenues trop grosses. Elle a pour objectif de donner une forme adéquate au contexte de plantation, d’adapter la silhouette de l’arbre aux contraintes du site. Elle permet d’éviter bien des désagréments et des rattrapages par la suite.

 

Les grands sujets

Ces arbres plus âgés doivent faire l’objet d’une surveillance régulière de l’état sanitaire et mécanique.

On leur appliquera une taille d’entretien, consistant à enlever les branches mortes ou malades, à éclaircir la couronne, à couper les gourmands (pousses verticales sur le tronc ou les branches primaires), à enlever les drageons (rejets de souche)

Le mot d’ordre pour la taille d’entretien est modération ! Allez-y doucement avec la tronçonneuse, et évitez les étêtages et les rabattages intempestifs. Avant de s’atteler à tailler, observez bien l’arbre : la première prise de contact au sol permet une vision d’ensemble, ce qui n’est pas le cas une fois monté ! Encore au sol, déterminez les branches que vous couperez et qui correspondent à une simple éclaircie de l’arbre. Les principales actions d’entretien sont les suivantes :

-       éliminer les branches mortes, qui risquent de tomber ou de casser. Attention à préserver le bourrelet cicatriciel qui s’est formé à la base de la branche.

-       supprimer les chicots morts. Attention de nouveau à préserver le bourrelet cicatriciel qui s’est formé.

-       éclaircir : bien déterminer les branches qu’on va couper. Le but de l’éclaircie est de favoriser la transparence de l’arbre pour qu’il offre moins de prise au vent et soit plus stable.

-       alléger les charpentières : surtout pour les arbres fruitiers dont les branches chargées de fruits cassent sous l’effet de leur poids (ex : le marronnier, commun en ville). Ne jamais couper une charpentière au ras du tronc : on taille les extrémités les plus chargées, sous les arcures*, et on prend garde à préserver un tire sève**.

-       réduire la couronne : ce n’est pas un entretien courant. Elle s’applique lorsque l’arbre devient trop grand par rapport à la place dont il dispose : cela traduit donc un mauvais choix lors de l’emplacement. Conservez de toute façon les mêmes principes : ne pas toucher aux branches maîtresses et conserver l’allure générale de l’arbre.

 

 


 

*Arcures :  les branches qui tombent sous le poids des fruits ou des fleurs. Ces branches prennent alors la forme d’un arc au niveau duquel se développent de nouvelles ramifications. Il faut alors couper la portion de la branche la plus vieille et la plus tombante et garder les nouvelles ramifications.

**Tire sève : Branche, rameau ou bourgeon conservés à proximité d'une coupe pour orienter la croissance future, maintenir la circulation de la sève, favoriser la cicatrisation et limiter le développement des gourmands. (www.granddictionnaire.com)


Cet article a été réalisé avec l'appui des ouvrages et documents suivants :

- A. Pontoppidan, La taille des arbres libres, éditions Terre Vivante, Mens, 1995, 108p.

- Mission gestion différenciée, Chico Mendes, Techniques et actions, L'arbre de ville.

- Profession Paysagiste, Tailler n'est pas jouer, oct. 2009.

 

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