Vous souhaitez obtenir des conseils sur le compostage des déchets verts ? Contactez le comité Jean Pain, spécialiste du compostage ! L'antenne wallonne se situe à Huy. Visitez le site Internet du comité en cliquant ici.

Vous pouvez également faire appel à l'association Bon...jour Sourire qui mène des actions dans le domaine de la gestion des déchets depuis trente ans, et organise des formations en compostage. Visitez leur site Internet en cliquant ici.

 

Quelques expériences de communes...

La Communauté Urbaine de Dunkerque a mis en place une filière bois autour des déchets verts récoltés. La CUD distingue les différents déchets verts et de bois :

• les déchets verts, qui sont utilisés pour le compost

• le bois, qui est destiné aux personnes à faibles revenus par la signature d’une convention avec les Centre Communaux d’Aide Sociale (CCAS)

• les troncs d’arbres, qui sont vendus.

Une convention a été signée avec le monde agricole pour le fauchage de certains espaces communautaires. Les agriculteurs utilisent les produits de fauches dans le cadre de leur activité.

Source : CERDD

 

La commune de Nevers

C’est environ 700 tonnes de déchets verts qui sont “produitschaque année par nos services.” Ces déchets sont en majorité compostés (150 tonnes de compost par an) alors qu’une partie du bois est broyée et sert à pailler les massifs d’arbuste. Le bois de qualité est utilisé par l’Atelier bois-vélo-jardin du CCAS pour la réalisation de petits meubles. Le reste est transformé en copeau pour les chaudières bois, c’est le cas des grumes des bois d’abattage du parc Roger-Salengro par exemple.

 

compost

Déchets verts

Que faites-vous de vos déchets verts ? Vous les jetez avec les autres déchets ? Vous les acheminez vers une plate-forme de compostage ? Vous les réutilisez sur place ?

Dans la nature, le recyclage de la matière organique est permanent, et participe à un cycle naturel où "rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme". Ainsi les matières organiques sont naturellement décomposées par des organismes ad hoc qui les transforment en minéraux et en humus, nutritifs pour les plantes.

Les déchets verts sont une ressource à part entière. On pourrait presque dire que c’est une erreur de les appeler « déchets » ! Il est pourtant dommage de voir comment depuis des années en espaces verts, le potentiel de ces déchets en tant qu’engrais naturels a été occulté, voire rejeté, au nom de la chimie, qui « fait plus propre », sans doute plus « urbain » et plus moderne… Mais alors quel gâchis ! Il est temps de se remettre en question. Où est le raisonnement quand on achète à des prix de plus en plus élevés des produits chimiques, dangereux pour la santé et l’environnement, pour stimuler la croissance des plantes et la débarrasser de ses ravageurs, alors que la nature a tout prévu, gratuitement ! A part l’intérêt des lobbies de l’agrochimie, on ne sert rien ni personne en faisant ainsi…

Et les déchets verts ne sont pas uniquement revalorisables en engrais ! Ils sont aussi utilisés en paillage pour la prévention des mauvaises herbes dans les massifs, et protègent du même coup les plantes au pied desquelles ils se trouvent.

 

Examinons cela de plus près…

 

D’abord, réduire ses déchets à la source

On recherche bien souvent un végétal pour son aspect esthétique, sans prendre en considération son futur développement, ses besoins écologiques et les exigences d’entretien qu’il implique.

En optimisant le choix des espèces végétales en fonction de leur rusticité, de leur vitesse de croissance et de leur taille à l’âge adulte (en ce qui concerne les arbres), vous limiterez déjà fortement le volume des déchets. Privilégiez des plantes à croissance lente, des plantes vivaces, des plantes indigènes, et placez le bon arbre au bon endroit afin d’éviter les interventions intempestives causées par un mauvais choix de départ.

Les plantations doivent donc faire l’objet d’une décision réfléchie et anticipatrice.

Les plantes horticoles et ornementales ne sont bien entendu pas interdites, mais seront limitées à certains espaces. Ces plantes impliquent l’utilisation massive d’intrants (eau, énergie, phytosanitaires…) qu’il convient de réduire.

Autre piste : les feuilles mortes doivent-elles être ramassées absolument partout ? Si les sentiers doivent être dégagés, les espaces moins fréquentés peuvent accueillir des tas de feuilles mortes en attendant qu’elles se décomposent naturellement et s’incorporent au sol. Certaines communes rassemblent délibérément les feuilles en tas à certains endroits des parcs pour permettre aux petits animaux (hérissons, lézards, musaraignes…) d’y trouver refuge !

 

Ensuite, valoriser, réemployer, recycler… vos déchets verts.

Deux solutions principales s’offrent à vous : le compostage ou le paillage.

Dans les deux cas, vous diminuerez fortement le volume des déchets communaux.

 

L’intérêt du compostage

               Pourquoi composter ?

Pour substituer aux engrais classiques un terreau riche et sain, engrais naturel bon pour les plantes et le sol, et, ce qui n’est pas négligeable, gratuit. Grâce au produit de compostage, le stock de matières organiques du sol est reconstitué, tandis que le sol lui même voit sa structure et ses propriétés physico-chimiques et biologiques améliorées. Les plantes s’en trouvent mieux nourries, donc en meilleure santé. De plus, les amendements naturels favorisent la présence des lombrics qui permettent l’aération de la terre et réalisent ce qu’on appelle le processus de bioturbation[1].

Composter tout ou partie de ses déchets verts permet de les valoriser en tant que ressource, ce qui évite de les acheminer en décharge et de payer les coûts inhérents au transport et au traitement. C’est une véritable économie pour la commune ! En outre, il s’agit d’une action valorisante pour l’image de la commune qui s’engage concrètement dans une politique environnementale, elle a donc tout intérêt à largement communiquer sur ses engagements ! Et dans le même temps, d’encourager ses administrés à pratiquer, eux aussi, le compostage à l’échelle de leur jardin.

 

              Mais que peut-on composter ?

En principe, tous les déchets issus de l’entretien des espaces verts et des arbres peuvent aller au compost.

Mais il vaut mieux s’assurer que ce qui est composté n’est pas porteur de maladies, sans quoi vous pourriez contaminer d’autres plantes avec votre compost ! Déchets de tailles broyés, feuilles mortes, tontes de gazon, arrachages de plantes saisonnières…etc.

Le compost, pour être optimal, doit avoir un rapport carbone/azote de l'ordre de 30/1; ce qui signifie que pour un apport d'azote, il en faut trente de carbone. Ces éléments sont apportés par différents déchets.

Le compost a une action bénéfique sur le sol, car il en améliore la texture, augmente le pouvoir de rétention en eau, stabilise le pH, remédie à l’érosion, favorise l’enracinement, favorise la circulation de l’eau et de l’air dans le sol, et apporte des matières organiques indispensables à la vie microbienne.

 

L’intérêt du paillage

Le paillage consiste à couvrir le sol d’une couche de composés organiques (écorces, feuilles…) Cela permet de protéger le sol, de réguler sa température et de maintenir une humidité favorable, ce qui limite les besoins en arrosage. Le paillage a également une action limitatrice sur les plantes non désirées : par son action couvrante, il limite l’épanouissement de plantes adventices au sein des massifs. A terme, la décomposition du paillis permet l’enrichissement du sol en matière organique. Ses avantages sont bien supérieurs au paillis en plastique, qui ne se dégrade pas, et donc doit être enlevé au bout de quelques années, et qui n’apporte aucun élément nutritif au sol. En outre, ils sont tout à fait inesthétiques.

 

               Mais que pailler ?

De nombreux déchets verts des espaces publics peuvent être valorisés sous forme de paillis : copeaux de bois broyés, tailles de haies, feuilles mortes, tontes de pelouses sèches… Voici une liste des éléments pouvant être intégrés au paillage :

Recyclés :

                     Tontes de gazon : à faire sécher préalablement, à éviter si l’herbe est montée en graine, ne pas mettre une couche trop épaisse sinon il y aurait trop d’humidité et donc une fermentation qui serait néfaste.

                      Feuilles mortes : à épandre en couche épaisse.

                      Broyat de branches : vérifier qu’elles sont saines !

 

Cette technique empêche la levée des mauvaises herbes, réduit l’évaporation du sol et régule la température, apporte de la matière organique, apporte un plus au niveau esthétique, et réduit la quantité globale de déchets verts.

 

Pour les paillages organiques commercialisés :

Paillis :

                        Lin ou chanvre 

                        Mélanges agro-forestiers

                        Granulats de bois

Ecorces et cosses :

                       Ecorces de pin : attention à l’acidification du sol, coûteux

                        Cosses de blé noir 

                        Ecorces de peuplier 

                        Ecorces de cacao : odeur particulière, assez coûteux

Toiles :

                        Fibres végétales, biodégradables

 

Pour les paillages non organiques :           

Minéraux :

                        Pouzzolane : épandre sur une épaisseur de 5 à 8cm, pas d’apport au sol

                        Coquilles st jacques : épandre sur 3 à 4cm d’épaisseur, bon pour des sols acidifiés, grâce à leur composition calcaire.

Toiles :

                        Toile plastique : efficace mais non biodégradable, il faut la retirer après 5 années, et elle détruit la vie microbienne du sol !

 

A savoir : la décomposition nécessite de l’azote pour se réaliser. Il n’est pas rare de constater ce qu’on appelle une « faim d’azote » : les plantes ne trouvent plus l’azote nécessaire à leur fonctionnement, car il est mobilisé par les micro-organismes pour la décomposition. Ainsi, il est déconseillé de pailler des plantules ou des semis : les plantes doivent déjà être suffisamment bien développées et robustes, afin que leurs racines soient capables d’aller chercher l’azote en profondeur. En outre, évitez d'incorporer un compost trop jeune et/ou trop carboné, qui mobiliserait l'azote du sol au détriment des plantes pour achever sa maturation ou rééquilibrer sa composition carbone/azote.

 


[1] La bioturbation désigne le phénomène de mélange actif des couches de sol par les espèces vivant dans ce milieu (ex : les lombrics)

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