Les Zones d'activités économiquesUn coin de nature dans les zoningsLieux dédiés à l’activité économique, les zonings ont, pour la plupart, négligé leur potentiel en terme d’habitat pour la nature. Pourtant, ils ont leur place à tenir dans le maillage écologique. Et dans ce domaine, tant les entreprises que les aménageurs publics (communes, intercommunales) jouent un rôle-clé pour augmenter la qualité des espaces verts, tout en y trouvant de nombreux avantages : économies d’entretien et d’aménagement, image de marque améliorée, bien-être des salariés… Les réflexions qui suivent sont issues de la brochure « Nature et Entreprises : mode d’emploi »[1]
Quelques pistes pour l’aménagement…- Les arbres et arbustes jouent un rôle tant paysager qu’écologique. Ils rompent les lignes strictes des bâtiments industriels, agrémentent le cadre de travail et offrent un habitat pour de nombreuses espèces animales. En 2008, la ville de Nivelles a participé à la semaine de l’arbre via la plantation d’une centaine d’arbres et arbustes d’espèces indigènes sur plusieurs ronds-points et trottoirs du parc d’activité économique (PAE). Ce coup d’envoi donné par la ville ne peut être que bénéfique pour encourager les entreprises à améliorer la qualité de leur parcelle.
- Les prairies fleuries et autres terres prêtées à la nature demandent peu d’entretien et sont donc peu coûteuses. D’un point de vue biologique, leur richesse est bien plus intéressante que celle du gazon. Dans le cas des prairies fleuries, elles seront bien entendu composées d’espèces indigènes plus susceptibles d’intéresser la faune locale. Les terrains en attente d’affectation, les réserves foncières ou encore les parties moins visibles des parcelles d’entreprises, peuvent être convertis en « terres prêtées à la nature » Ainsi une flore diversifiée s’y développera. Ce milieu, refuge et source de nourriture, peut être provisoire, mais toujours bénéfique pour la faune locale!
- Les eaux pluviales posent parfois problème dans les PAE. En effet, là où les surfaces minéralisées sont majoritaires, les inondations sont à craindre. Il faut alors favoriser les surfaces perméables, dans la construction des parkings, entre autres. L’aménagement d’un bassin d’orage naturel constitue également une solution pour l’eau de pluie qui ne s’infiltre pas directement. De plus, même si un bassin naturel prend plus de place qu’un bassin en béton, sa richesse écologique et son caractère peu coûteux sont des avantages incontestables.
- Les cours d’eau présents au moment de l’aménagement d’un PAE sont des milieux très vivants. De plus, ils offrent un cadre de détente pour les usagers et leur maintien permet d’éviter des travaux coûteux. La CCI du Valenciennois a ainsi aménagé le parc d’activité de Sars-et-Rosières en maintenant une zone marécageuse d’intérêt écologique et en encourageant la gestion des eaux de pluie à la parcelle.
- Les clôtures, murs et toits des bâtiments peuvent également faire l’objet d’une végétalisation. Les murs et clôtures n’en seront que moins austères et imperméables, et les toitures pourront en outre infiltrer les eaux pluviales en cas de forte pluie. De plus, les toitures végétalisées offrent l’avantage de réguler la température intérieure des bâtiments et de limiter ainsi le recours au chauffage l'hiver et à la climatisation l'été.
- Enfin, certains petits aménagements tels que les bordures et avaloirs peuvent représenter des pièges pour les petits animaux. Une bordure verticale représente un obstacle infranchissable pour certains batraciens. Ils seront alors contraints de la longer au risque de tomber dans l’avaloir, si l’ouverture de la grille de celui-ci est trop grande. Une réflexion s’impose dans ce domaine.
Et en matière d’entretien ?Une fois les aménagements réalisés, reste l’entretien, tout aussi important. Entretenir tous les espaces verts de la même manière serait comparable à mettre tout le linge sale dans la machine à laver à la même température… Pourtant, si certaines zones demandent d’être entretenues de manière intensive (entrée de zone, par exemple), d’autres nécessitent moins d’entretien et peuvent être laissées aux bons soins de la nature, en partie du moins. Cette réflexion doit donc commencer par un inventaire des espaces à entretenir et une forme de hiérarchisation dans l’intensité d’entretien. D’un point de vue économique, une prairie fauchée une fois par an coûte bien entendu moins cher qu’une pelouse rase tondue 15 fois par an.
Qui fait quoi ?L’aménagement des parcs d’activité économique revient aux intercommunales de développement économique. Celles-ci ont en effet pour rôle d’aménager les terrains, les voiries et leurs abords et de vendre les terrains aux entreprises. Une fois ces terrains vendus, les voiries et leurs abords sont rétrocédés à la commune qui en assure l’entretien. Bien entendu, la gestion des espaces verts concerne tant l’aménagement que l’entretien. Intercommunales et communes sont donc impliquées tout au long du proccessus.
Les espaces privés ne sont pas à négliger. Les entreprises sont encouragées lors de l’achat de leur terrain à aménager celui-ci de manière qualitative. Certaines intercommunales ont développé des outils (cahier des charges, ...) afin d’assurer la cohérence des aménagements dans l’ensemble du PAE.
Ces quelques exemples montrent que la nature a tout intérêt à voir les associations d’entreprises, les aménageurs de zones et les communes travailler main dans la main dans le cadre de l’aménagement des espaces verts des parcs d’activités économiques.
[1] « Nature et entreprises : mode d’emploi » Brochure technique de la Région Wallonne, 2002 [2] Le Projet Life – SMIGIN (Sustainable Management by Interactive Governance and Industrial Networking) bénéficie d’un financement du Programme Life de la Commission Européenne, et des subventions que l’Union Wallonne des Entreprises reçoit de la Région wallonne pour ses missions de sensibilisation à la prévention des pollutions, à l’utilisation rationnelle de l’énergie et à l’aménagement du territoire. Il est géré par l’Union Wallonne des Entreprises et est mené en partenariat avec la Chambre de Commerce et d’Industrie du Valenciennois.
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