Par où commencer ?De la théorie à la pratique...La gestion différenciée (GD) exige que les gestionnaires communaux tentent d'améliorer la qualité biologique des espaces verts publics tout en favorisant une meilleure affectation des ressources humaines et financières destinées à leur entretien. Ceci requiert une classification des espaces verts selon des catégories d'aménagement et d'entretien. Ce qui peut demander quelques heures de travail... Or, il vaut mieux envisager la GD étape par étape plutôt que de chercher à tout mettre en place d'un seul coup.
Toute commune qui désire se lancer en gestion différenciée doit en avoir prélablement saisi les enjeux : pourquoi souhaitez-vous passer en GD et jusqu'où voulez-vous aller ?
Réalisez votre diagnostic En premier lieu, il est indispensable de réaliser un inventaire des espaces à entretenir. Cet état des lieux-diagnostic vous permettra de visualiser de manière globale l'ensemble du patrimoine à gérer. L'inventaire sera quantitatif (nombres d'espaces à gérer, surface), descriptif (localisation, nature, aménagements existants), et qualitatif (gestion actuelle, usages de l'espace...). Au départ, cet inventaire peut être partiel et se voir étoffé au fil du temps. L'objectif de ce diagnostic est d'avoir une vision d'ensemble de votre patrimoine vert et des modes de gestion qui sont appliqués. Ainsi, vous vous apercevrez peut-être que vous pratiquez déjà de la GD sans même le savoir ! Il permet de mesurer l'importance de chaque espace et de voir dans quel typologie il s'inscrit : c'est la première étape vers la classification.
Définissez vos objectifs Qu'ils soient environnementaux, sociaux, économiques ou les trois à la fois, vous aurez besoin de fixer des objectifs afin de donner un cadre et un but à votre projet, ce qui vous aidera en outre à le défendre. Vous procéderez ensuite à une hiérarchisation de vos objectifs : quels sont ceux qui doivent être atteints au plus vite ? Quels sont ceux qui constituent des objectifs à long terme? Quelques exemples d'objectifs qui peuvent vous guider : Objectifs environnementaux : augmenter la biodiverité ; valoriser le patrimoine paysager, floristique et faunistique ; diminuer les pollutions ; Objectifs socio-économiques : mieux répondre aux besoins de la population, sensibiliser les habitants à l'environnement ; ...
Classez vos espaces verts S'ensuit l'étape de répartition du territoire en classes d’entretien (3, 5 ou plus): allant de zones de grande tolérance à la nature spontanée (très peu d’entretien, une à deux tontes par an, …) à des zones d’un degré d’intervention élevé (tonte fréquente désherbage, …). Par exemple, dans un parc, une zone éloignée pourra être gérée de façon moins interventionniste (fauchage 1 à 3 fois par an), alors que des zones proches d’habitations feront l’objet d’un entretien plus régulier. Ainsi, les moyens libérés (financiers et humains) par la gestion extensive d’une parcelle permettront de répondre aux besoins des espaces nécessitant un degré d’intervention plus élevé. Dans sa mise en application sur le terrain, le gestionnaire s’aidera des techniques alternatives au chimique afin de tendre, quelque soit la classe, vers une diminution des pollutions et des dépenses énergétiques. En outre, tirer profit de l’ « esprit du lieu », en favorisant les espèces indigènes adaptées au milieu, permet d’obtenir une plus grande variété de paysages et à moindre coût. Les dépenses sont aussi réduites quand on privilégie ces espèces végétales plus résistantes que certaines espèces horticoles (celles-ci sont souvent plus gourmandes en intrants et en eau). Les plantes dites « sauvages » sont d’ailleurs plus accueillantes pour de nombreuses espèces locales d’insectes et d’oiseaux. Découvrez notre rubrique consacrée à la classification.
Communiquez La communication est un aspect essentiel de la GD. En plus de veiller à la formation des agents en interne, vous serez amené à travailler sur la communication envers les habitants, sans quoi ceux-ci pourraient se poser beaucoup de questions, voire se plaindre d'une négligence d'entretien. Pour permettre une acceptation optimale du projet de GD, il est conseillé de commencer la sensibilisation des habitants avant d'appliquer concrètement toute action du projet. Découvrez notre rubrique consacrée à la communication.
Soulignons que ce type de gestion ne bride pas la créativité du paysagiste, bien au contraire, elle amplifie ses moyens d’action. La gestion différenciée privilégie la dynamique des individus et des populations végétales. Par exemple, un gestionnaire travaillant en GD tiendra compte des contraintes d'entretien lors du choix des espèces, et cherchera à planter "la bonne espèce au bon endroit" . Au lieu de perdre du temps à lutter contre la luxuriance de la nature, il en gagnera.
Force est de constater que la mise en place de la gestion différenciée s'échelonne sur plusieurs années. Elle demande donc du temps tout comme les changements qu'elle induit dans les mentalités, les paysages de la communes et autres. Or, de nombreux exemples de réussites nous rappellent que ce nouveau mode de gestion demeure accessible à condition de procéder étape par étape. Les gestionnaires doivent donc s'armer d'une équipe motivée, d'un appui politique solide et de patience ! D'ailleurs le Pôle GD est là pour vous aider à la mise en place de la GD, n'hésitez pas à consulter nos services! |